2nd July 2009
Claire Devarrieux reviewed Le Roi blanc for Liberation. For the full text go here.
Imaginez le petit Nicolas de Sempé et Goscinny, mais transplanté en Roumanie au temps de Ceaucescu, ou tout au moins, une dictature communiste qui lui ressemble, un peu plus cinglée qu’ailleurs. L’enfant perd «par mégarde» aux machines à sous l’argent de l’école destiné à acheter les drapeaux et les pancartes pour le 1er mai, et se demande comment attraper une pneumonie ou se casser une jambe, en compagnie de son copain Szabi, celui avec qui il a mis une bombe fumigène chez l’épicier, et maintenant il ne peut plus y aller alors qu’il aurait besoin d’allumettes pour bricoler un autre engin. Il se fabrique une armure avec du carton et du papier alu, «mais je suis tombé en panne de colle, si bien que je n’ai pas pu la finir». Ce genre. Rien que de très familier.
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1st July 2009
Nathalie Crom writes for Télérama on Le Roi Blanc.
Peu d’éléments, donc, mais cela suffit à imaginer qu’il entre, dans Le Roi blanc, une part de l’enfance du romancier, une dimension autobiographique qui peut-être explique, en partie du moins, le caractère infiniment juste et prégnant de ce récit d’apprentissage, ancré dans une réalité sociale spécifique : la vie, au jour le jour, dans un pays totalitaire. La seconde origine de ce sentiment de justesse, qui tout ensemble étreint, bouleverse et passionne à la lecture du Roi blanc, est le parti pris narratif choisi par Dragomán : feignant d’un bout à l’autre du livre de donner la parole à un enfant, il ne cherche en réalité jamais à en singer plus ou moins adroitement la voix.
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1st July 2009
Sabine Audrerie reviewed Le Roi blanc for Le Croix. The full article is here.
Le Roi blanc est un roman à la fois noir et plein de lumière, dense et léger, comme sautillant entre tragédie et tendresse. György Dragoman impressionne par son talent à créer une atmosphère si singulière, à surprendre par le rire ou l’émotion et à faire exister ses personnages dans une empathie jamais larmoyante. En cela, il peut se placer sans rougir dans les pas de ses aînés les plus doués – hongrois (Sandor Maraï) ou roumains (Norman Manea, qui avait lui-même surnommé Ceausescu «le clown blanc»).
Le livre se présente comme une succession d’histoires. Mille choses passent par le regard de Dzsata, dont il pressent tantôt la violence et le scandale, tantôt la beauté et la grâce purifiantes: il y a les paris avec les copains et les bagarres avec les caïds du quartier; les files d’attente à la supérette, le rationnement et la folie des clients les jours de livraison; les matchs de foot aux enjeux bien peu sportifs; la sortie scolaire au cinéma pour visionner un film documentaire sur le plan quinquennal que l’on transforme en expédition dans les conduits d’aération à la recherche d’une salle de projection secrète; les premiers émois quand on tente de regarder sous les jupes des filles ou (bien plus risqué!) de parler avec elles; les bêtises et les punitions musclées des professeurs, et mêmes les guerres avec les bandes rivales… Et il y a ce grand-père taiseux que l’on doit appeler «camarade secrétaire», qui fraye avec les apparatchiks et offre des pistolets chargés.
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